Sous-indexation des pensions en novembre : l’actualité de la retraite complémentaire AGRIC-ARRCO


C’est une mauvaise nouvelle qui est tombée le jeudi 22 juillet dernier, suite à la rencontre entre les partenaires sociaux gestionnaires de l’AGIRC-ARRCO. Ces derniers, composés des syndicats et des représentants du MEDEF, ont planché sur la revalorisation des retraites pour les années 2022 et 2023.


Une décision liée au contexte sanitaire


Malheureusement, en raison de la crise sanitaire et de ses impacts économiques, les retraites complémentaires des 13 millions de retraités du privé seront probablement sous-revalorisées par rapport à l’inflation.

Là encore, la Covid-19 a frappé. Avec les difficultés rencontrées par les entreprises qui ont dû recourir au chômage partiel ainsi qu’au report des cotisations, les caisses de l’AGIRC-ARRCO ont subi des pertes importantes, de près de 5 milliards d’euros.


Une décision liée à l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 2019


L’Accord National Interprofessionnel de 2019, adopté par l’AGIRC-ARRCO, prévoit que la caisse de retraite doit disposer de réserves financières au moins égales à 6 mois de cotisations sociales, sur un horizon de 15 ans glissants.

Mais les pertes subies à cause de la crise sanitaire ont mis à mal cet équilibre durement atteint. Les réserves ont été sérieusement entamées, même si, pour le moment, elles sont encore équivalentes à 9 mois de cotisations. Le risque, avec une crise sanitaire qui se prolonge, serait donc de passer en dessous de la réserve obligatoire, risque qui semble de plus en plus probable.


Une sous-revalorisation de 0,5 point en dessous de l’inflation


Comme le soulignent certains syndicats (FO, CGT, CFE-CGC), la sous-revalorisation représente une perte de pouvoir d’achat des retraités, puisque la revalorisation sera inférieure à l’inflation.

Or, la marge de manœuvre prévue par les règles interprofessionnelles de 2019 ne doit normalement pas dépasser 0,2 point à la hausse ou à la baisse.

La sous-revalorisation est donc bien supérieure à ce qui est normalement prévu. Même avec une hausse des retraites, et au vu de l’inflation évaluée pour 2022, les retraites complémentaires ne pourront pas maintenir le pouvoir d’achat actuel des retraités (comme prévue dans notre article sur les prévisions retraites de juin 2021)

À noter que, les prévisions annoncent une inflation des prix de 1,4% pour l’année 2022. Les retraites seraient donc revalorisées de 0,9%.

Cette décision devrait être appliquée au 1er novembre 2021, et concerneraient les années 2022 et 2023. Cette mesure est soutenue par le MEDEF, la CFDT et la CFTC. Toutefois, la CFTC propose de prévoir une augmentation de l’action sociale de 4% pour les retraites les plus faibles en 2022. 

Pour rappel, l’action sociale permet de bénéficier d’aides financières en cas de perte d’autonomie, pour une aide à domicile ou l’achat d’un bien de première nécessité en urgence.

Cette décision ne fait pas l’unanimité et des discussions doivent encore avoir lieu. 




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