La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) est le regroupement de deux organismes d’aide à la prise en charge des frais de santé non remboursés par la Sécurité Sociale :

  • la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C)
  • l’Aide à la Complémentaire Santé (ACS)

Pour une personne anciennement éligible à la CMU-C, les conditions et la couverture santé restent inchangées. Concernant l’ACS, les personnes auparavant éligibles ont la même contribution financière à régler à l’organisme.

Le CRÉDOC a été chargé par le Fonds CSS en 2019, d’enquêter sur les profils des personnes anciennement éligibles afin de mieux connaître leurs pratiques notamment de soins et de déterminer quel interlocuteur leur conviendrait le mieux.

Mais les résultats de cette enquête sont tranchés : les personnes éligibles à la CMU-C et à l’ACS sont en moins bonne santé que le reste de la population. Ces personnes ont déclaré aller moins souvent chez le médecin. Mais elles souffrent plus souvent de maladies chroniques ou de situations de handicap.

Des maladies chroniques et situations de handicap plus fréquentes

Selon l’enquête menée, 33 % des bénéficiaires de la CMU-C et 30 % de ceux affiliés à l’ACS déclarent une maladie chronique ou un handicap, contre seulement un quart des français. De fait, l’hypothèse émise est la suivante : les personnes éligibles à ces dispositifs sont plus souvent malades, ont besoin d’un suivi médical régulier et dépensent plus pour leur santé.

Comme le montre le graphique ci-dessous, il est également admis que ces personnes sont plus touchées que le reste de la population par des maux de tête, de la nervosité et des états dépressifs.

Restrictions budgétaires

Les bénéficiaires de la CMU-C ou à l’ACS, sont caractérisés par les faits suivants :

  • de faibles revenus
  • un taux de chômage deux à trois fois supérieur à la moyenne de la population active
  • si travail il y a, les contrats sont plus souvent des CDD, de l’intérim ou du temps partiel

Si 21 % des français s’imposent des restrictions sur leurs dépenses de santé, ce taux est nettement plus élevé pour les personnes éligibles à ces dispositifs : 34 % pour l’ACS et 30 % pour la CMU-C. De plus, le CRÉDOC démontre que 71 % d’entre eux s’imposent des restrictions budgétaires de façon générale. La cause : « la hausse des dépenses pré-engagées ». Ces dépenses regroupent notamment les charges, loyers, assurances, etc. En effet, elles représentent 62 % des dépenses des foyers à bas revenus, contre 42 % pour le reste de la population française.

Un recours au médecin moins important

Si l’on peut penser que le médecin est l’interlocuteur privilégié en cas de maladie, l’enquête montre que le pharmacien est bien plus souvent cité par les bénéficiaires de ces dispositifs. Cependant, l’hôpital est un élément central de ces personnes qui le citent entre deux et deux fois et demie plus que l’ensemble de la population.

La raison serait la suivante : avoir accès à un médecin traitant et aux soins sur certains territoires, n’est pas toujours aisé…

D’autres enquêtes ont été ouvertes pour approfondir la question de refus des soins pour les bénéficiaires de la CMU-C et à l’ACS. Elles démontrent que les refus de soins persistent à un niveau élevé : « Dans une forme d’intériorisation des difficultés d’accès aux soins, une partie de nos concitoyens les plus défavorisés considère l’hôpital comme une porte d’entrée privilégiée pour accéder aux soins. »

 

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