On l’a souvent entendu et notamment lors de sa campagne présidentielle : Emmanuel Macron prend exemple sur le régime par points de retraite venue de Suède. Ce régime serait un puits d’idées pour le Président de la République, dont il faudrait s’inspirer en France.

Or, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT se positionne à l’opposé et compare : « Il y a un pays où il y a un système de retraites à point, la Suède. En France, 7,5 % des personnes de plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté. En Suède […] c’est 15 %, le double. »

Les raisons de la Suède

Si la Suède a radicalement modifié son système de retraite dans les années 1992-1994, c’est parce qu’elle possédait ce qu’on appelle un buffer fund, c’est-à-dire un fond substantiel de réserve. Ce dernier permettait au système de retraite de rester fiable. Cependant, des projections ont prédit l’épuisement de ce fonds de réserve d’ici 2015-2020 avec en cause : l’espérance de vie et la réduction du nombre d’actifs.

C’est donc après 10 ans de concertation, que la Suède a mis fin à son ancien système pour créer le système de retraite dénommé « à points ». Si la Suède avait voulu garder son ancien système de retraite, l’autre option aurait été d’augmenter le taux de cotisation retraite selon le taux de croissance économique. Mais cette possibilité a rapidement été jugée « politiquement et économiquement infaisable » en cas de croissance faible.

La fluctuation des points

Les opposants à ce régime universel par points ont plusieurs sujets de crispation, le premier étant la fluctuation de la valeur des points selon la conjoncture économique. Pour éviter tout risque de déficit budgétaire, la Suède a créé un système permettant de retrouver un équilibre en baissant la valeur du point.

Si le régime universel français se veut inflexible sur le fait que le point ne pourra pas être réévalué à la baisse; cela a été le cas en 2010, 2011 et 2014 en Suède avec pour conséquence immédiate la baisse du montant des pensions.

Retraités français et retraités suédois : quelles différences ?

Les chiffres publiés par l’OCDE et l’INSEE le confirment : le taux de pauvreté est inférieur de 4% en France, à la moyenne de la population globale dans les pays de l’OCDE. Cependant, Eurostat démontre que 16,1% des retraités suédois de plus de 65ans font face à la menace de la pauvreté, contre 9,5% des retraités français.

En conclusion ?

Le système par points suédois ne distingue pas les différentes situations professionnelles : cela prouve qu’il est un facteur d’augmentation des inégalités.

Pour autant, Dominique Acker, Inspectrice Générale Honoraire des Affaires Sociales, expose le fait que ce modèle est un facteur de la solvabilité à long terme du régime. C’est donc un système plus performant économiquement parlant, qu’humainement.

 

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