Dans un format inédit pour lui, le Chef de l’Etat présentait jeudi 25 avril, lors d’une conférence de presse, ses conclusions sur le grand débat national. Certains points présentés concernaient directement la retraite. Après plusieurs communications hasardeuses de certains membres du gouvernement, Emmanuel Macron a en effet sifflé la fin de la partie en déclarant que l’âge légal de départ à la retraite resterait fixé à 62 ans.

Cependant le Président déclare « on doit travailler plus longtemps, pour la bonne raison que l’on vit plus longtemps », nous préparant ainsi à un allongement de la durée du travail et présentant cela comme une hypothèse pour permettre de financer la baisse des impôts sur le revenu, une des attentes ressortant du grand débat national.

Deux pistes sont envisagées :
– une décote / surcote incitant à travailler plus longtemps
– un passage accéléré de 41,5 à 43 ans de cotisations pour bénéficier de la retraite à taux plein.

Le régime universel à points serait mis en place à l’horizon 2025 alors que ces nouvelles mesures envisagées le seraient dès 2020.

La mise en place du régime décote et surcote

Aujourd’hui, avec le régime de base, un assuré ne peut prendre sa retraite qu’après 62ans et en ayant cotisé un certain nombre de trimestres. S’il part avant, la pension est minorée (décote), s’il part après, la pension est majorée (surcote).

Le chef de l’état proposerait de compléter ce système actuel par la mise en place d’un « âge pivot » de 64 ans. Cela créerait une décote supplémentaire sur les pensions de retraite de 4% par an et ceci de façon permanente, contrairement aux nouvelles mesures prises par l’AGIRC-ARRCO. Il serait aussi possible que ce coefficient ne soit pas fixe, mais dégressif à l’approche de la date pivot.

Le passage accéléré de 41,5 à 43 ans de cotisations

Une autre hypothèse est à l’étude, le passage accéléré de 41,5 à 43 ans de cotisations pour bénéficier de la retraite à taux plein (réforme Touraine).

En effet, aujourd’hui la loi prévoit, à partir de 2020, d’augmenter d’un trimestre tous les 3 ans la durée de cotisation pour atteindre le taux plein. Cet allongement génération par génération permettrait en 2035 d’atteindre 172 trimestres de cotisations, soit 43 ans.

Si on accélère ce passage de 41,5 à 43 ans de cotisations, cela toucherait les générations nées dès 1967 (et non celle nées 1973 comme précédemment prévu par la loi) qui devraient alors travailler 172 trimestres au lieu des 170 requis actuellement pour bénéficier du taux plein.

Rendez-vous pris en juillet prochain, date à laquelle Jean-Paul Delevoye haut-commissaire à la réforme des retraites, rendra ses conclusions avec un projet de loi à la clé qui sera présenté avant fin septembre. 

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