Préparer son dossier en amont

En effet, on a tout intérêt à préparer son départ en retraite le plus en amont possible. Cela permet évidemment de déterminer à quel âge il est possible de bénéficier du taux plein mais également de s’interroger sur l’opportunité de racheter des trimestres ou alors de prolonger son activité.

En 2016, la Cour des Comptes avait relevé que près de 10% des montants de retraite comportent des erreurs à la CNAV. Cela atteint même 20 % des dossiers retraite dans certaines CARSAT.

Près d’une retraite sur dix est erronée au régime général.

Deux documents sont adressés systématiquement à tous les futurs retraités qui leur permettent d’avoir une vision à la fois globale et détaillée des droits acquis auprès de chaque régime :

• le RIS (relevé individuel de situation) qui est envoyé tous les 5 ans à partir de 35 ans.

• et l’EIG (estimation indicative globale) qui est beaucoup plus complet et qui est adressé tous les 5 ans à compter de 55 ans.

Il est essentiel de vérifier que le RIS ou l’EIG coïncident bien avec la carrière.

Certaines périodes ont plus de risques que d’autres d’être oubliées. Il faut être particulièrement vigilant sur :

• le service militaire,

• les jobs d’été,

• les périodes de chômage,

• et enfin, les années durant lesquelles il y a eu plusieurs employeurs. Les revenus cumulés peuvent parfois augmenter le nombre de trimestres validés sur l’année et améliorer le salaire annuel moyen.

Attention aux cas où l’entreprise fait faillite, aux années d’apprentissage ou de travail à l’étranger.

Il faut également être vigilant avec les changements de statuts (passage à un régime spécial par exemple).

Une fois ce travail de vérification effectué, la question d’un rachat de trimestres peut alors être étudiée.

Le rachat de trimestres :

Un dispositif, appelé « rachat Fillon » permet de racheter dans la limite de 12 trimestres, certaines périodes correspondant à des années d’études supérieures ou à des années civiles incomplètes. Ce rachat est ouvert aux salariés, artisans, commerçants et professionnels libéraux. Pour cela, il faut avoir au moins 20 ans et moins de 67 ans au moment de la demande.

Ce dispositif peut permettre, si on ne totalise pas la durée d’assurance requise pour une retraite à taux plein, de partir dès 62 ans avec une meilleure pension. Mais pas avant, car les trimestres rachetés par ce biais ne sont pas pris en compte pour un départ anticipé.

Les trimestres rachetés augmentent le taux et/ou la durée d’assurance. Tout dépendra de l’option choisie.

En effet, lors de sa demande il faut faire un choix, qui est irrévocable.

Avec la première option, le rachat permet d’augmenter le taux de liquidation de la retraite de base mais n’a pas d’incidence sur le calcul de la durée d’assurance. Ce rachat permet d’atténuer les effets de la décote, voire de la supprimer si l’on rachète la totalité des trimestres manquants.

Avec la seconde option, plus chère, les trimestres rachetés sont pris en compte pour déterminer le taux  ainsi que la durée d’assurance. En plus de la décote, cette option évite un coefficient de proratisation trop élevé.

Il est possible d’étaler le règlement du rachat de plusieurs trimestres. Par ailleurs, les sommes versées pour racheter des trimestres sont déductibles du revenu imposable. Cette déduction majore la rentabilité financière de l’opération de rachat en minorant son coût réel. Plus son taux marginal d’imposition est élevé, plus on est gagnant.

En tout état de cause, pour déterminer ce qui est le plus avantageux, il faudra prendre en considération le coût du rachat, le supplément de retraite qui en découlera, et le délai pour récupérer les sommes versées.

Un conseil : se préoccuper de sa retraite le plus tôt possible, et rassembler tous les documents utiles pour faire rectifier d’éventuelles informations manquantes ou erronées que ce soit des périodes non validées ou des revenus inexacts.

Vérifiez soigneusement les documents envoyés par les caisses, car s’il est possible de faire rectifier un relevé de carrière, il est beaucoup plus difficile de faire rectifier le montant d’une retraite.